Aromathérapie familiale : se prémunir et se guérir avec les huiles essentielles en hiver

| 21 février 2014 | 7 Commentaires
L’expert : Aude Maillard, Docteur en Pharmacie, Aromathérapeute et Réflexologue.

Praticienne et diplômée en aromathérapie scientifique, réflexologie plantaire et olfactothérapie, Aude Maillard a une approche très complète des huiles essentielles, à la fois scientifique et énergétique.C’est aussi et avant tout une passionnée des huiles essentielles avide de transmettre son savoir.Aude Maillard anime aujourd’hui des ateliers d’Aromathérapie Aroma-Zone et est également à votre disposition pour des consultations personnalisées : pour davantage d’informations, connectez-vous sur www.aude-maillard.fr

Grippe, gastroentérite, virus des voies respiratoires : la période hivernale nous expose quotidiennement au risque de contracter des virus. C’est la saison pendant laquelle le soutien immunitaire et anti infectieux doit être optimal. Barrières naturelles à tous les microbes, les actifs des huiles essentielles préviennent, protègent, renforcent et même guérissent, et sans aucun effet secondaire si les utilisations sont faites dans les règles de l’art aromatique.

 

L’attaque virale hivernale

La médecine traditionnelle est bien démunie en matière de médicaments antiviraux et de soutien immunitaire. Le traitement d’une infection virale (grippe, gastro, catarrhe…) reste symptomatique et consiste à juguler la température, à soulager les douleurs et les courbatures diffuses. Ce constat d’échec ouvre la voie aux huiles essentielles. Certaines ont la capacité d’éliminer les virus en quelques heures, voire même d’être utilisées en prévention. Elles sont surtout une source de vitalité précieuse pendant la lutte antiinfectieuse.

L’essence, au sein de végétal lui même, a des fonctions bien particulières qu’il est bon de rappeler car elles résonnent très fort avec ce registre immunitaire et infectieux. La plante est immobile et doit cependant faire face à de multiples agressions en élaborant un système de défense chimique très spécifique à l’environnement dans lequel elle se trouve. A l’image de l’être humain, qui va tout au long de sa vie lutter et fabriquer des cellules de défense (anticorps, polynucléaires…), la plante aromatique sécrète elle aussi tout un panel de molécules en réponse à ses agresseurs (sécheresse, froid et glace, vent, parasites, insectes ou animaux prédateurs…).

Les feuilles, les fleurs, le bois, les racines et même les fruits peuvent être dotés de la capacité à synthétiser des molécules virulentes et toxiques pour maintenir leur survie. Molécules à orientation vitale pour booster la plante, ou encore répulsives et neurotoxiques contre le prédateur, les actifs aromatiques une fois extraits restituent au corps humain des propriétés eubiotiques (en faveur de la vie). Ils relèvent les forces d’autoguérison et l’immunité pour soutenir l’organisme qui lutte pour se maintenir en vie. Ces extractions aromatiques peuvent être particulièrement efficaces sur des bactéries (Pseudomonas, staphylocoque…) ou plus orientées vers les virus, les champignons ou les parasites. Des tests in vitro, même s’ils ne restituent pas les conditions identiques du milieu naturel, montrent ces propriétés de manière objective. Les antibiotiques (littéralement qui veut dire « contre la vie »), révolution du 20eme siècle, sont parfois détrônés par ces essences aromatiques qui ne présentent jusqu’à maintenant aucune résistance et qui concourent d’une manière respectueuse et globale à la guérison. On comprend mieux pourquoi un traitement aux huiles essentielles, notamment à visée immunitaire et protectrice des maux de l’hiver, redonne le tonus, et que l’on se sent beaucoup plus en forme après l’infection qu’avant.

 

Le cinéole, un vent aromatique et thérapeutique pour les bronches

Les virus de l’hiver ont une affinité particulière pour les voies ORL hautes et basses, leur réservant un milieu humide adéquate pour la multiplication microbienne. Adversaire redoutable et redouté : le 1,8 Cinéole ! Un nom de molécule aromatique particulièrement bien choisi pour résonner avec la sphère respiratoire puisque, en grec, Eole signifie le vent et Cine, le mouvement, la cinétique. Elle est sécrétée la plupart du temps dans le poumon de la plante, à savoir la feuille. Fragrance oxygénatrice de ces feuilles quand on les froisse, le cinéole fait souffler un vent libérateur vers les fosses nasales et les bronches. Il ouvre, débouche, décongestionne et nettoie… Tout résonne avec la respiration et le mouvement. Le cinéole se retrouve dans les huiles essentielles de plantes appartenant à des familles botaniques différentes et pouvant se rencontrer aux quatre coins de la planète : les lauracées (Laurier noble, Ravintsare), les myrtacées (Eucalyptus, melaleuques (Niaouli), Myrte), ou encore les lamiacées (Romarin, Marjolaine,…) .

Toutes ces huiles essentielles à chémotype cinéolé prennent soin de la fonction respiratoire en soutenant l’activité des cils vibratiles qui évacuent les poussières et les microbes. Expectorant, stimulant respiratoire des voies hautes (nez, sinus), et aussi anti-infectieux sur les virus se logeant dans les voies respiratoires humides et fraîches, le cinéole est bienveillant quand l’attaque virale ORL est menaçante, en prévention donc, et en traitement curatif des bronchites, sinusites, rhinites ou otites. Son impact respiratoire puissant en fait une molécule parfois violente pour les asthmatiques et les tous petits bébés. Championne toutes catégories, l’huile essentielle d’Eucalyptus globulus présente une concentration de cinéole à 70%, d’où son caractère toxique et convulsivant chez le bébé et le jeune enfant. On réserve cette huile essentielle pour l’adulte et les broncho-pneumopathies rebelles, la bronchite du fumeur, et toujours dans le cadre d’un conseil par un aromathérapeute avisé.

 

Exterminer le virus de sa porte d’entrée

Les virus ORL de l’hiver sont transmis par l’élément aérien. En hiver, le froid et l’humidité sont des facteurs favorisant leur multiplication et leur transmission. Ils pénètrent pour la plupart par le nez. Les huiles essentielles les plus efficaces sur les virus sont celles contenant des monoterpènes comme par exemple le Cyprès de Provence, Kunzea, Tea tree, mais aussi les huiles essentielles de conifères (Pin, Sapins, Épinettes…). Certaines de ces huiles essentielles peuvent être irritantes du fait d’une nature très terpénée (Sapin baumier, Pin sylvestre). Il faudra les diluer non pas forcément systématiquement dans une huile végétale, mais dans d’autre huile essentielle mieux tolérées et par ailleurs anti-infectieuses (Ravintsare, Palmarosa…). Leur utilisation pour lutter contre les virus se fera en première intention par voie respiratoire afin d’exterminer le virus dès le « pas de porte ». L’inspiration profonde à l’intérieur des poignets de la synergie proposée est à faire à volonté en cas d’exposition au virus ou de premiers symptômes de catarrhe (nez qui coule). Il est important de multiplier les angles d’attaques si le virus commence à s’exprimer. La voie olfactive restant insuffisante, il faudra obligatoirement associer l’application cutanée ainsi que la prise par voie interne (dans du miel ou encapsulée).

Prévenir la surinfection  et stimuler les anti-corps 

Une des caractéristiques des virus hivernaux, comme celui de la grippe, est de se déplacer volontiers dans l’organisme qui les héberge. Ils peuvent ainsi utiliser le nez (premier signe d’alarme : rhume) comme porte d’entrée, attaquer les sinus voire les conduits auditifs (sinusites, otites), descendre vers la gorge (pharyngite, laryngite…) puis continuer leur chemin vers les poumons, avec l’installation d’une toux sèche ou grasse. A ce stade, il est recommandé de consulter un médecin car l’affaiblissement immunitaire peu favoriser en plus de l’infection virale une complication bactérienne vers une pneumopathie ou une angine. En infectiologie, pour augmenter le spectre d’activité, il est recommandé de mélanger les huiles essentielles entre elles pour constituer une synergie. Rappelons que l’activité globale d’une synergie est plus élevée que la somme des activités de chaque huile essentielle qui la constitue. Ces huiles à orientation aussi bactérienne sont celles entre autres de Tea tree, de Palmarosa et de Thym à thujanol ou à linalol. L’aromathérapie utilisée aux bonnes fréquences et aux bonnes doses permettra d’éloigner sereinement ces risques de surinfection bactérienne et de maîtriser le virus. La relève immunitaire se fera sentir également par un regain de vitalité signe de réveil des forces d’autoguérison.

Pin sylvestre : un dopant pour l’hiver

Pinus sylvestris offre une huile essentielle remarquable d’efficacité pour l’hiver. A l’image de l’effet dopant d’une cure de vitamine, elle reconstitue les réserves de l’organisme en soutenant l’activité des glandes surrénales dans leur synthèse de cortisol. Elle ramène ainsi tonus, vitalité, une meilleure immunité et résistance au stress. Par ailleurs, c’est une formidable nettoyeuse des voies respiratoires. Extraite des aiguilles du pin, l’essence restitue véritablement le poumon de la plante dans l’huile essentielle.

 

Elle sait débarrasser l’interface pulmonaire des poussières, des mucosités ou des polluants, responsables souvent d’encombrements bronchiques ou d’inflammations plus ou moins permanentes. Elle a en plus une orientation virale qui tombe à point nommé. En cas de grippe, coup de froid, toux virale ou simple coup de fatigue, cette huile essentielle est gage d’innocuité (attention juste à son côté chauffant sur la peau) et d’efficacité. En diffusion atmosphérique, en inhalation tiède, en inhalation sèche à l’intérieur des poignets, en application cutanée diluée, et même par voie orale en cure, cette huile essentielle est douce pour les voies respiratoires et travaille en profondeur sur les forces d’auto guérison.

 

Le Laurier noble, plus fort que les courbatures

Les huiles essentielles pures, une fois appliquées sur la peau, vont être absorbées par l’organisme et vont exercer un effet systémique, c’est-à-dire général.

L’huile essentielle de Laurier noble a une très belle activité antivirale et antibactérienne et va, par ses propriétés antalgiques très puissantes, soulager les courbatures diffuses qui s’installent dans tout le corps. Il est donc important de bien masser, avec la synergie proposée, le thorax et la région dorsale, sujets bien souvent aux douleurs liées à la toux.

 

« La formule de l’expert »
Synergie « attaque virale »

Huile essentielle de Pin Sylvestre
Pinus sylvestris
80 gouttes
Huile essentielle de Laurier noble
Laurus nobilis     
80 gouttes
Huile essentielle de Kunzea

Kunzea ambigua
80 gouttes
Huile essentielle de Ravintsare
Cinnamomum camphora
80 gouttes
Huile essentielle de Palmarosa
Cymbopogon martinii 
80 gouttes

Dans un flacon de 30 ml en verre teinté muni d’un codi-gouttes, mélanger les huiles essentielles dans les quantités conseillées et compléter jusqu’en haut du flacon avec l’huile végétale d’Abricot. Refermer et agiter.

Mode d’emploi :

EN PRÉVENTION : en cure de 15 jours par mois en saison froide, pour un soutien immunitaire et  anti infectieux.

Voie cutanée : 6 à 8 gouttes en friction thoracique (avec 3 à 5 gouttes d’huile végétale de noyau d’abricot si la peau est sensible) matin et soir.

ET, Voie olfactive : 2 gouttes à respirer profondément à l’intérieur des poignets pour désinfecter l’ensemble des voies aériennes supérieures, à volonté dans la journée.

EN CURATIF : pendant 5 à 8 jours selon la vitesse de régression des symptômes.

Dès les premiers  symptômes :

Voie cutanée : 10 gouttes du mélange pur à faire pénétrer en massage toutes les 20 minutes pendant 2 heures, puis toutes les heures. Le lendemain 10 gouttes en friction 6 à 8 fois par jour. Frictionner alternativement le thorax, le dos, l’intérieur des avant-bras, l’intérieur des genoux ou encore les chevilles.

Voie olfactive : respirer 2 gouttes à l’intérieur des poignets au moins 10 fois dans la journée.

Voie orale : 3 gouttes de la synergie dans un peu de miel, 6 fois par jour pendant 5 à 7 jours.
Indications : adultes et enfants de plus de 15 ans.

Catégorie: AVIS D'EXPERT

Commentaires (7)

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  1. kindveronica dit :

    bonjour

    je ne sais pas si je suis au bon endroit pour poser une question sur le staphylocoque doré mais comme je n’ai vu aucun post la dessus, je me permet de le poster ici.
    Apres examen, il s’est avéré que mon mari a un staphylocoque doré qui se manifeste par des boutons sur le cuir chevelu avec ou sans pus ainsi que de la peau qui s’en va sur les mains et coudes et qui peuvent gratter et bruler.
    Que pouvez vous me conseiller comme recette svp? (shampooing , lotion ou en interne)
    J’ai vu que le Tea tree etait efficace ainsi que l’origan et l’eucalyptus.
    Je vous remercie d’avance

    • Aroma-Zone dit :

      Bonjour,

      Les huiles essentielles actives contre le staphylocoque doré sont l’Origan compact, le Niaouli, le Ravintsare ou les Cannelles.
      Attention car ces huiles essentielles sont dermocaustiques pour la plupart et il faut les diluer suffisamment pour une application cutanée.
      Il serait préférable de consulter un aromathérapeute qui saura vous conseiller au mieux.

      Très belle journée,
      Catherine
      Docteur en Pharmacie

  2. Anna dit :

    Bonjour,
    Suite à un début de rhume, j’ai utilisé de l’HE de ravintsara (en application cutanée sur les pieds et le thorax, diluée à de l’HV de noyau d’abricot).
    Mon mari a très fortement réagi en se mettant à tousser énormément. Depuis, on a refait l’essai, et dès qu’il sent la moindre odeur d’HE de ravintsara, il a la même réaction.
    Existe-t-il une allergie à l’HE de ravintsara?

    par quoi peut-on la remplacer dans ce cas ?

    merci pour vos conseils

    • Aroma-Zone dit :

      Bonjour,

      L’huile essentielle de Ravintsare est riche en 1,8-cinéole (eucalyptol). Cette molécule, naturellement présente est connue pour être expectorant et décongestionnant pulmonaire mais qui peut être irritant chez certaines personnes.
      Cela peut donc expliquer vos symptômes à vous et à votre mari.

      Très belle journée,
      Catherine
      Docteur en Pharmacie

  3. hélène dit :

    Bonjour,
    Vous ne parlez jamais jamais de la sariette des montagnes pourtant anti-infectieuse majeure.
    Peut-on l’associer à votre synergie, et si oui selon quel protocole ?
    Merci pour tous vos bons conseils.

  4. Catherine Gadbois dit :

    Merci pour l’article aroma zone

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